LE BON BIEN FAIT

Madame, peu importe votre profession, veuillez accepter mon A.I.D.E.

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Qu’est-ce que tu veux devenir quand tu sera grande? » me posait-on comme question. Femme, épouse et mère, étaient de loin les réponses que j’aurais pu penser donner.

J’ai été « cognée » de ces trois titres quasiment tous en même temps au début de la vingtaine.

À dix-neuf ans, avant ma dernière année de Cégep, j’ai eu mon premier et unique chum. En plus, c’était une relation à longue distance.

À vingt-et-un an nous nous sommes mariés.

Un an plus tard notre fils est né et l’année d’après c’était au tour de notre fille.

Ouf, en ce court laps de temps, nous avons vécus un concentré vraiment riche en émotions!

J’accepte le changement mais ne serait jamais une femme fatale.

Bien sûr, devenir femme n’est pas qu’une étape liée au changement du corps physique.

Il est important de comprendre et se souvenir que durant l’adolescence, la croissance psychologique ne suit pas nécessairement la croissance du corps physique.

Dans l’espace de cinq ou six années, garçons et filles on le sentiment de revêtir maladroitement des corps trop grands.

Je compare ce sentiment de gêne à quand j’étais obligée de porter un manteau d’hiver toujours plus grand. Selon mes parents, je devais pouvoir le porter au moins pendant toute la saison entière et idéalement l’hiver d’après aussi!

Devenir femme, c’est comprendre et assumer que désormais on s’adresse à nous différemment, même si c’est par politesse.

Se retourner en n’ayant plus de pincement au cœur quand la vendeuse dans une boutique dit : « Avez-vous besoin d’aide, madame? ».

Oui je le veux, en plongeant tête première.

Pas évident non plus de passer de finissante collégiale à épouse en quelques mois d’intervalle.

À cette époque, entre ma gang nombreuse de cousins et amis proches, nos âges étaient regroupés entre 11 et 25 ans.

J’ai fait du mieux que j’ai pu malgré que j’étais complètement naïve et crue.

J’étais la première à franchir l’étape du mariage et même si quelques cousins et amis étaient en couple, je n’avais pas vraiment de points de repères.

À part mes parents, tantes et oncles je n’avais pas de modèles modernes avec qui partager mes inquiétudes ou demander conseil.

Sortie tout droit de l’école, je continuais à rester encore en mode recherche d’appartenance.

Au début, j’ai essayé de rester accrochée au « beat » de vie de ma gang.

Mais leur mode vie en tant que célibataires n’était pas évident à suivre pour moi.

J’étais mariée maintenant!

C’était une transition difficile.

Je n’en ai pas voulu à personne de ce changement.

Par contre, je comprenais qu’en suivant ma route, je devais laisser tomber des comportements qui n’allaient plus avec ma réalité.

Avec du recul, l’avantage que j’ai eu de me marier jeune c’est d’avoir grandi et vieilli au sens large avec une personne comme moi. Ensemble, tout les deux jeunes et naïfs.

Si je me compare à mes cousins et amis, durant ces années, je passais aussi des nuits folles mais décidément pas pour les mêmes raisons!

Ils sortaient pour aller danser, jouer au pool et s’amusaient en profitant de leur jeunesse tel qu’il se doit.

Tandis que moi,  je préparais des biberons et faisait les cent pas avec bébé dans les bras, en manque de précieux sommeil et ivre de fatigue.

Enfin puisqu’on n’a pas vécu des expériences similaires, cela créa un éloignement pendant plusieurs années.

C’était une période vécue bande à part.

La proximité avec eux m’a beaucoup manqué.

Devenir mère pour les nuls, c’est par où?

J’ai changé ma première couche à vie, à mon fils, le soir de sa naissance. Une immense émotion mixte entre la joie et l’incompétence m’envahie.

Le plan séquence de ces minutes est ancré dans ma mémoire. Les néons dans la chambre des poupons étaient éteints.

La partie supérieure de cette salle était vitrée et c’était l’éclairage tamisé des corridors qui l’éclairait.

L’ambiance était douce et paisible.

Les poupons bordés dans leurs bassinettes, longeaient les quatre murs de la chambre laissant l’espace central vacant.

J’ai marché d’un pas incertain à l’intérieur.

L’infirmière qui était de garde, changeait des couches. Je lui ai demandé où était mon fils.

Dans la pénombre, je m’avançais doucement vers ce beau petit bébé aux yeux ouverts qui semblait m’attendre depuis un moment.

Mini couche à la main, remise par l’infirmière, je fige!

Je me rends compte que je n’avais jamais exécuté cette tâche auparavant.

Pincée dans mon orgueil je regarde un peu embarrassée du coin de l’œil les mouvements de l’infirmière avec le bébé voisin.

J’admirais avec quelle facilité elle passa d’un poupon à l’autre en deux temps trois mouvements.

Ensuite j’ai regardé mon bébé tout beau tout neuf et les mains un peu tremblantes j’ai changé sa couche.

Cet instant de douceur, était devenu un moment de réalisation que « ta petite vie est entre mes mains désormais ».

Je ne suis pas maman que par le parcours physique de la grossesse et l’accouchement.

Plutôt, je devins sitôt  consciente de la responsabilité qui repose sur moi de la survie d’un autre être humain.

« Derrière tout grand homme se retrouve une grande femme » dit un fameux slogan.

La femme est un pilier.

C’est une force à part entière avec ou sans conjoint ni enfants.

En amalgamant mon expérience de vie à celle que j’ai pu observer chez mes consœurs, j’ai compris qu’il faut accepter d’avoir besoin d’aide à l’occasion et sans culpabilité de faiblesse.

Ainsi peu importe votre profession, voici mon A.I.D.E. pensé pour vous :

A pour accepter que dès fois les 3 rôles (femme, conjointe, mère) dans son ensemble ne soient pas facile à supporter.

Il arrive qu’on n’a pas toujours envie de porter le chapeau de ménagère attribué à la femme, ni décisionnel de conjointe, ni celui autoritaire de maman.

Donnez-vous le droit de vous laisser aller sans remords.

De plus, si vous ne connaissez pas la solution à un problème immédiat, ne stressez pas!

Pensez-y mais lâchez prise pour y revenir plus tard.

De cette façon, vous serez bien plus réceptive à une réponse.

Aussi, un excellent remède pour se ressourcer est organiser une soirée entre filles.

« Filles » est le mot clé ici.

Car c’était la fille avant l’étiquetage des 3 titres.

Une petite jasette autour d’un repas et un verre de vin entre consœurs donne un étonnant regain d’énergie psychologique.

J’ai une immense gratitude de pouvoir me retrouver 1 ou 2 fois par année avec des amies connues durant ma jeunesse.

Elles sont toutes les unes plus formidable que les autres.

Le beau dans ça est l’encouragement, le soutient et la compréhension honnête qu’on partage.

 

I pour imparfaitement belle. Ces deux mots devraient être notre mantra quotidien.

Imparfaitement belle est bien plus que de dire je dois m’accepter telle que je suis.

Imparfaitement belle synthétise que l’imperfection et la beauté sont la perfection de ce monde.

La citation qui l’exprime bien est « la perfection est inaccessible, mais c’est en y aspirant qu’on atteint l’excellence ».

Malgré ce que la société s’obstine à s’imposer, la perfection est une mode, un but irréaliste toujours en changement selon la saveur du moment.

Vouloir l’atteindre c’est s’assurer l’échec.

La beauté par contre se retrouve partout avec ses formes, couleurs, sons et odeurs les plus variés.

À la base, accepter que nous sommes imparfaitement belles nous fera rayonner.

Aucune crème, maquillage, coupe de cheveux, ou lifting ne serait efficace sans cette base.

Mon remède pour ne pas l’oublier est simple.

Penser à une femme que vous admirez, à la beauté qu’elle dégage dans son regard et son sourire.

Que ce soit votre mère, une collègue, Oprah ou Mère Theresa, elles sont avec sincérité, toutes imparfaitement belles, n’est-ce pas?!

 

D pour déléguer. Quel beau mot mais selon moi, un peu traître.

C’est dont bien vu au sein d’une entreprise mais pas autant dans une famille.

En effet, il peut devenir un couteau à double tranchant. Déléguer est efficace pour désengorger notre journée de sa charge des responsabilités.

Cependant ça peut revenir tel un boomerang en source d’anxiété.

Un bon exemple qui me vient à l’esprit est la première fois que j’ai demandé à l’une de mes filles de placer le linge dans la sécheuse.

Du coup, ce n’était pas aussi efficace que si je l’aurais fait moi-même car souvent, il faut répéter la consigne et les étapes à suivre.

Cependant avec fréquence et patience, déléguer devient indispensable.

Mon remède pour déléguer sans perdre la boule est de commencer par des tâches importantes mais non urgentes.

Par contre armez-vous de patience pour ne pas commettre l’erreur d’insister ni s’acharner si la tâche n’est pas exécutée dans ce que l’on considère comme nos délais idéaux.

Tolérance et douceur sont de mise.

Personne ne se réveille avec l’intention d’envenimer la journée des autres!

 

E pour empathie, l’art de se mettre dans la peau de l’autre.

Plus on le fait, plus ceux autour de nous le feront aussi. Pourquoi? Parce que ça se ressent.

Avant de demander d’être comprise, il faut penser à comprendre autrui.

L’égo est responsable de la façade qu’il crée entre nous et les autres.

L’épaisseur de notre armure est équivalente au pouvoir qu’on donne à notre égo de nous contrôler.

Moins d’importance qu’on accorde à notre égo plus l’armure s’amincit.

Ainsi, on aura plus de facilité à être empathique.

L’empathie est l’essence de la paix.

La paix est le bien-être et la joie de notre corps et âme.

Tout comme la nervosité dégagée par une personne nous rend anxieux, ressentir que l’autre nous comprend, nous fait sentir bien et nous rend paisible.

Un petit truc pour voir à quel point notre égo prend le dessus?

La prochaine fois que vous êtes passager dans une voiture, observez votre comportement.

Avez-vous tendance à toujours critiquez la conduite du conducteur?

Voilà, c’est votre égo qui parle.

Ensuite mettez-vous à la place du conducteur, soyez emphatique et assurément vous en aurez beaucoup moins à dire!

Au jour le jour c’est la vie qui déroule.

Puisque accepter, imparfaitement belle, déléguer et empathie sont simple à retenir avec l’acronyme A.I.D.E. ces mots, jumelés à des réflexions, deviennent de puissants alliés qui vont alléger votre quotidien.

Accepter de ne pas toujours avoir envie de porter plusieurs chapeaux est bénéfique et renforce.

Ensuite, la perfection d’être Imparfaitement belle rend conscient que l’énergie qu’on dégage, la vraie beauté, part de l’intérieur.

En plus, le fait de délégué pour désengorger notre quotidien de quelques tâches importantes font grandir le sentiment d’appartenance au sein d’une famille.

Sans oublier, l’empathie qu’on exprime devient un enseignement puissant et crucial au bien-être, qui en retour revient sous forme de paix.

Enfin, apprenez à reconnaitre ce sentiment léger qui vous empare car c’est la joie!

Donc, chères amies  à présent, allez-vous accepter mon A.I.D.E.?

Pour le plaisir et non la gloire, Giovanna.

À propos de Giovanna Posteraro

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